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Crise de l’eau en Tunisie, une question de mauvaise gouvernance
La prise de conscience est loin d’être générale, mais la crise de l’eau est bien là, palpable : baisse de la pluviométrie, chute des réserves dans les barrages, des coupures d’eau potable devenues répétitives et qui n’épargnent désormais aucune région, pénurie d’eau d’irrigation qui a contraint les agriculteurs à l’approvisionnement anarchique… Le volume actuel de ressources disponibles est de 467 m3 par habitant et par an, selon le secrétaire d’Etat à la production agricole Omar El Behi. Un chiffre bien en dessous du seuil de pénurie fixé à 500 m3 par l’Organisation des Nations Unis pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Chaque année, la Tunisie perd une partie importante de ses ressources hydrauliques. L’une des principales causes de mauvaise gestion réside dans la dégradation et la vétusté des infrastructures de la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE). Elles sont à l’origine de la perte de 30% du volume d’eau transféré, que ce soit au niveau du réseau de distribution de l’eau potable, des infrastructures d’irrigation publique ou des canaux de transfert de l’eau des barrages. Vient ensuite les déficiences des édifices hydrauliques tunisiens. Les problèmes d’évaporation de l’eau et d’envasement (accumulation de sédiments) dans les barrages causent la perte de dizaines de millions de m3 d’eau chaque année.
L’activité agricole en Tunisie n’est pas adaptée ni au climat du pays ni à ses ressources hydrauliques. Pendant que les réserves en eau s’amenuisent, la culture maraichère, exigeant une irrigation intensive, a pris une part de plus en plus importante dans la production. A l’instar des tomates, des agrumes, des raisins ou des pastèques, l’augmentation de la demande locale et la production destinée à l’exportation ont exposé la Tunisie à une surexploitation des eaux de surface et des eaux souterraines, sans que les autorités n’y mettent des limites. C’est le cas de l’oasis de Kebili où l’augmentation de la production de dattes a entrainé une surexploitation de 200% des eaux souterraines, causant leur épuisement et l’augmentation de leur salinisation.